CONSEILS MARKETING


Le fait qu’un projet de centre commercial géant comme EuropaCity soit retoqué est-il symptomatique ?

Ce projet était surtout présenté comme un centre de loisirs, culturel, pas seulement marchand. Le problème ici a été celui de la concertation avec la population. C’est l’arbre qui cache la forêt, car en France les centres commerciaux continuent de fleurir, et se rénovent. Les foncières continuent de les considérer comme rentables, même si seulement la moitié des boutiques sont occupées. On voit en parallèle les centres commerciaux investir les lieux où sont localisés d’autres flux de consommateurs : les gares, par exemple.

Le centre commercial n’est donc pas appelé à disparaître ?

Aux Etats-Unis, le modèle a énormément souffert, parce qu’il s’est développé à l’excès. Mais je pense que ce concept va subsister : il est loin d’être mort, il évolue. Il faudra de plus en plus accepter le fait qu’un centre commercial n’est pas seulement un lieu marchand. C’est un classique : certains directeurs de centre râlent après les personnes âgées, qui ne font que s’y promener, sans rien acheter. Mais le centre commercial a des fonctions évidentes de promenade, de rencontre. Je vois des hypermarchés mettre en place des «caisses lentes», pour les personnes qui veulent discuter à la caisse. C’est à mon avis une excellente stratégie, à adopter.

Signe de l’intérêt du magasin : même Amazon en ouvre, ou en rachète, comme il l’a fait avec la chaîne Whole Foods aux Etats-Unis…

Il semble assez évident qu’Amazon va finir par acheter une enseigne de magasins en France aussi. Je les vois assez bien racheter un chaîne comme France Loisirs, d’ici quelques années !

>> A lire aussi – Des magasins Amazon en Allemagne ?

La longévité des marchés de plein vent

Bien sûr, les marchés du dimanche sont d’abord un lieu d’approvisionnement ancestral, en place depuis le Moyen Age. Mais on ajoute aujourd’hui à ces lieux une dimension identitaire. Les vendeurs y écoulent bien souvent une production locale, ce qui est plus que jamais valorisé par les clients. Les marchés eux-mêmes sont un lieu d’ancrage à un quartier : on y croise ses voisins. Et ils comportent une dimension de spectacle de la part des marchands eux-mêmes, qui connaissent et interpellent les clients, avec des rituels qui provoquent l’attachement. C’est ce que le sociologue Erving Goffman appelait les «ressources sûres» : les conversations du quotidien, sur la météo, la santé, la famille, qui sont des fonctions sociales essentielles. On retrouve cette dimension dans les vide-greniers.


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